Des recettes savoureuses et des conseils pour cuisiner avec un Airfryer, ainsi que des guides d'achat pour vous aider à choisir le modèle idéal et adopter une cuisine plus saine.
Comment adapter les temps de cuisson du four à votre Airfryer
Le Airfryer dans la cuisine est souvent synonyme de praticité, mais aussi d’un léger casse-tête : comment adapter cette fameuse recette de gratin de grand-mère ou ce gâteau au yaourt inratable qui a toujours cuit au four traditionnel ?

Si vous avez déjà sorti un plat brûlé à l’extérieur et cru à l’intérieur, vous savez que les réglages ne sont pas interchangeables. Pas de panique, comprendre la logique de conversion est plus simple qu’il n’y paraît et vous permettra de réussir toutes vos recettes au Airfryer du premier coup.
La différence fondamentale : pourquoi le four et le Airfryer ne sont pas jumeaux
Pour bien convertir, il faut d’abord comprendre la mécanique des fluides qui se joue dans votre appareil. Un four traditionnel, même à chaleur tournante, est une grande caverne où l’air chaud circule de manière relativement douce autour d’un plat souvent éloigné de la source de chaleur. Le volume d’air à chauffer est important, et l’inertie thermique est grande. À l’inverse, cuire au Airfryer revient à placer vos aliments dans une soufflerie miniature surpuissante.
La technologie de la friteuse à air repose sur une convection forcée ultra-rapide. La résistance chauffante est située très près des aliments (souvent juste au-dessus), et un ventilateur puissant propulse cet air brûlant directement sur la surface du plat. C’est cette intensité qui permet d’obtenir le fameux effet « frit » et croustillant avec peu d’huile. En résumé, l’Airfryer est beaucoup plus agressif et efficace que votre four. Appliquer les mêmes temps et températures revient à passer vos aliments au lance-flammes. Il est donc impératif de réduire l’énergie apportée pour laisser le temps à la chaleur de pénétrer à cœur sans carboniser l’enveloppe extérieure.
La règle d’or universelle : la méthode des 20/20
Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de cet article, c’est cette règle empirique qui fonctionne dans 90 % des cas. Pour adapter une recette de four classique au Airfryer, il faut appliquer une double réduction : baissez la température et raccourcissez le temps.
La formule magique est la suivante : réduisez la température de 20 °C et réduisez le temps de cuisson de 20 %. Concrètement, si votre recette de cuisses de poulet préconise une cuisson au four à 200 °C pendant 40 minutes, le calcul pour l’Airfryer sera simple. Vous abaisserez la température à 180 °C. Pour le temps, 20 % de 40 minutes représentent 8 minutes. Vous réglerez donc votre minuterie sur 32 minutes environ. Cette base est un excellent point de départ qui vous évitera bien des déconvenues. Elle permet de compenser la proximité de la résistance et la vitesse de l’air. Cependant, comme toute règle, elle comporte ses exceptions et ses subtilités selon la nature des aliments que vous cuisinez.
Adapter la cuisson selon les familles d’aliments
La règle des 20/20 est un socle solide, mais la cuisine est un art qui demande de la sensibilité. Certains aliments réagissent différemment à la chaleur pulsée. Voici comment affiner vos réglages pour devenir un véritable chef de la conversion.
Les viandes et volailles : la quête du juteux
Pour les viandes, le risque principal au Airfryer est le dessèchement. La ventilation assèche la surface très vite. Pour une pièce de bœuf ou de porc, la réduction de température est cruciale. Si vous cuisiner un rôti, n’hésitez pas à baisser la température de 30 °C par rapport au four si la pièce est épaisse, afin que la chaleur atteigne le centre avant que la croûte ne soit trop dure.
Pour le poulet, c’est un peu différent. L’Airfryer est le roi de la peau croustillante. Vous pouvez commencer la cuisson à une température assez basse (environ 160 °C) pour cuire la chair, et augmenter à 200 °C pour les 3 ou 4 dernières minutes seulement (« le flash thermique ») afin de faire croustiller la peau. N’oubliez pas l’usage indispensable du thermomètre à viande pour ces conversions : c’est le seul juge de paix pour savoir si vous devez arrêter la cuisson 5 minutes avant la fin théorique du calcul.
Les légumes rôtis : attention à la déshydratation
Les légumes racines (carottes, pommes de terre, panais) adorent l’Airfryer. Ils caramélisent à merveille. Ici, la règle des 20/20 s’applique parfaitement. Cependant, pour les légumes plus tendres et riches en eau comme les courgettes, les poivrons ou les brocolis, la ventilation puissante peut les transformer en papier mâché sec avant de les cuire.
L’astuce pour ces légumes est de ne pas trop baisser la température, mais de réduire drastiquement le temps. Un brocoli qui prendrait 25 minutes au four peut être prêt en 10 minutes au Airfryer. De plus, l’enrobage d’huile est ici technique : il agit comme un bouclier protecteur qui empêche l’eau du légume de s’évaporer trop vite. Ne lésinez pas sur la cuillère d’huile d’olive mélangée aux épices.
La pâtisserie et les gâteaux : la zone de danger
C’est sans doute le domaine le plus délicat. Convertir une recette de cake, de muffins ou de cookies demande de la prudence. Dans un four, le gâteau lève doucement et cuit de manière homogène. Au Airfryer, le dessus du gâteau va cuire et durcir très vite, formant une croûte qui peut empêcher la pâte de lever correctement ou, pire, brûler alors que le cœur est encore liquide.
Pour la pâtisserie, soyez encore plus conservateur : réduisez la température de 20 °C à 30 °C. Par exemple, un gâteau prévu à 180 °C gagnera à être cuit à 150 °C ou 160 °C maximum au Airfryer. Cela laisse le temps à la levure d’agir et à la chaleur de pénétrer sans brûler le « chapeau » du muffin. Surveillez la cuisson très tôt. Il n’est pas rare qu’un cookie soit prêt en 8 minutes au lieu de 12. Faites le test du cure-dent bien avant la fin du minuteur.
Les plats surgelés et panés : la rapidité extrême
Les produits pré-frits surgelés (frites, nuggets, cordons-bleus) sont conçus pour être saisis. Ils contiennent déjà de l’huile et sont souvent précuits. Pour eux, pas besoin de baisser la température indiquée sur le paquet pour une cuisson au four (souvent 180 °C ou 200 °C). En revanche, divisez le temps par deux pour commencer.
Les fabricants indiquent des temps pour des fours qui doivent chauffer de gros volumes. Au Airfryer, vos frites surgelées seront dorées en 12 à 15 minutes contre 25 à 30 au four. Surveillez-les comme le lait sur le feu dès les 10 premières minutes, car le passage de « doré » à « brûlé » se fait en quelques secondes avec ces produits industriels.
L’importance cruciale du volume et du foisonnement
Il existe une variable que la règle mathématique ne prend pas en compte : la quantité d’aliments dans le panier. Dans un four traditionnel, que vous cuisiez une ou dix pommes de terre sur une grande plaque, le temps reste sensiblement le même car la chaleur circule partout. Au Airfryer, c’est tout l’inverse.
Si vous remplissez le panier à ras bord de frites ou de légumes, l’air ne circulera pas au centre. Le temps de cuisson devra alors être rallongé par rapport à la conversion théorique, et vous devrez intervenir physiquement. C’est là que le geste du secouage (le shaking) devient une étape de cuisson à part entière. Si vous adaptez une recette de four pour une grande quantité, programmez le temps converti, mais ouvrez le tiroir toutes les 5 minutes pour remuer. Si vous ne le faites pas, vous aurez un bloc compact mi-cuit, mi-brûlé. À l’inverse, si vous ne cuisez qu’une seule cuisse de poulet dans un grand panier vide, elle cuira encore plus vite que prévu car elle subira l’assaut de l’air chaud de toutes parts. Réduisez encore le temps de quelques minutes.
Le préchauffage : faut-il le faire au Airfryer ?
Les recettes de four commencent toujours par « Préchauffez votre four à… ». Cette étape est longue et énergivore. Au Airfryer, elle fait débat, mais elle influence le temps de conversion. Un Airfryer atteint 200 °C en moins de 3 minutes.
Si vous adaptez une recette de viande (bœuf, poulet) ou de pâtisserie qui nécessite un choc thermique pour saisir ou lever, faites un préchauffage de 3 minutes à vide. Si vous lancez la cuisson à froid, ajoutez simplement ces 3 minutes au temps de cuisson converti. Pour les légumes ou les réchauffages, le préchauffage est souvent superflu. Gardez cela en tête lors de vos calculs : le temps de cuisson « four » inclut une température stable dès la première seconde, assurez-vous d’offrir la même stabilité à votre plat au Airfryer pour que la conversion soit juste.
Vérifier, ajuster, noter : la méthode empirique
Même avec les meilleurs calculs, chaque modèle d’Airfryer est différent. Certains chauffent plus fort que d’autres, certains ventilent plus agressivement. La première fois que vous convertissez une recette chérie, restez à proximité de l’appareil.
Adoptez la technique de la vérification précoce. Ouvrez le tiroir aux trois quarts du temps de cuisson estimé. Si votre recette convertie prévoit 20 minutes, jetez un œil à 15 minutes. Si cela semble déjà bien doré, testez la cuisson. Il est toujours possible de rajouter 2 minutes (« Remettre une pièce dans la machine » est facile), mais il est impossible de « dé-cuire » un aliment calciné. Une fois le réglage parfait trouvé pour votre lasagne ou vos fondants au chocolat, notez-le précieusement. Que ce soit dans un carnet dédié ou directement sur la recette imprimée, inscrivez : « Au four : 200°C/30min -> Au Airfryer : 170°C/22min ». C’est ainsi que vous constituerez votre propre base de données fiable.
Conclusion : faites confiance à vos sens
Adapter les temps de cuisson du four à l’Airfryer n’est pas de la sorcellerie, c’est une question de logique thermique. En gardant en tête la puissance concentrée de la convection, en appliquant la règle des -20°C/-20% et en surveillant la coloration, vous réussirez brillamment la transition. Votre Airfryer n’est pas là pour compliquer vos recettes habituelles, mais pour les sublimer en les rendant plus rapides et plus croustillantes. Alors, osez lancer ce gratin dauphinois ou ces muffins aux myrtilles au Airfryer ce soir, vous serez surpris de voir à quel point l’adaptation devient vite une seconde nature !




